Sommet de la Ligue Arabe : la question de la peine de mort au cœur du sommet alternatif organisé par la société civile

Afrique

Publié par Hédia Zaalouni, le10 mai 2019

Organisé par le syndicat national des journalistes tunisiens et par une douzaine d’organisations de la société civile dont la coalition tunisienne contre la peine de mort, ce sommet alternatif a permis de débattre, d’informer le grand public, et d’interpeller les dirigeants du monde arabe au sujet de la défense de la liberté d’expression, du respect des droits de l’homme ou encore de la condition des femmes. Il a également été l’occasion pour

la coalition tunisienne contre la peine de mort de faire un état des lieux de la peine capitale dans le monde arabe en général et en Égypte en particulier.

En effet, la question des exécutions qui ont eu lieu récemment en Égypte mais aussi les troubles que connait l’Algérie et la situation de la Palestine ont occupé une grande place au sein des débats.

Les actions menées lors de ce sommet alternatif

Le sommet alternatif a été riche en évènements et débats. En amont du sommet, des recommandations concernant la jeunesse et les médias ont été réalisées par le forum de la Société Civile et des Médias au Moyen Orient et Afrique du Nord.
 

Tour à tour, plusieurs intervenants ont ainsi pu prendre la parole afin d’alerter à la fois sur le contexte général de la situation des droits de l’homme en Égypte (Mohamed Omran, militant des droits de l’homme), sur le coût élevé de la défense des droits de l’homme (Moataz al-Fajeri, secrétaire de la Fondation euro-méditerranéenne de soutien aux défenseurs des droits de l’homme et coordinateur régional de Front Line Defenders), sur la liberté d’expression (Rubaqa Boualaki du bureau régional d’Amnesty International) et enfin sur la question de la peine de mort.

A ce titre la coalition tunisienne contre la peine de mort par l’intermédiaire de Chokri Latif a présenté un état des lieux précis de la peine capitale dans le régime d’Abdel Fattah al-Sissi.

Rappelant que l’Egypte n’a ratifié ni le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ni le Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort, la coalition tunisienne contre la peine de mort a tenu à alerter sur l’usage politique qui est fait actuellement de la peine de mort en Egypte, et le non-respect de procédures équitables.

Sensibiliser le grand public

Diffusée en direct sur la deuxième chaine tunisienne (alors que le sommet officiel était diffusé en même temps sur la première) la journée du 30 mars a donc été l’occasion pour la coalition tunisienne contre la peine de mort et ECPM (Ensemble contre la peine de mort) d’appeler grâce à un communiqué de presse les États à mettre fin à la pratique de la peine capitale et à dénoncer les violations commises actuellement en Égypte.

Mais c’était également l’occasion de pouvoir informer directement le grand public, de manière officielle, sur une chaîne de grande écoute.

Manifestation sur l’avenue Bourguiba

La journée du dimanche a quant à elle été consacrée aux droits de l’homme dans le monde arabe en général, et, malgré un impressionnant déploiement des forces de l’ordre, le sommet s’est terminé par une manifestation pacifique sur l’avenue Bourguiba.

Un millier de personnes, parmi lesquelles des représentants de partis politiques, d’ONG, des journalistes ou de simples citoyens, a descendu l’Avenue Bourguiba, accompagné de la Brigade activiste des clowns.

Un moment de lutte et de solidarité dans un esprit bon enfant qui a permis de clore ce sommet alternatif. 

Les prochaines actions

La coalition tunisienne contre la peine de mort entend poursuivre son action pédagogique de sensibilisation en partant à la rencontre de la jeunesse tunisienne à travers des rencontres et des débats organisés dans plusieurs villes du pays.

Une étude est également actuellement menée sur les conditions de détention dans les prisons tunisiennes, pour les personnes condamnées à la peine capitale. Elle permettra ainsi de dresser un portrait socio-économique des détenus, de témoigner de leurs conditions de détention, de la gestion de leur défense etc.

Cette étude d’ampleur sera présentée lors de la prochaine Journée Mondiale contre la peine de mort, qui aura lieu le 10 octobre 2019.