Dans les coulisses de la mobilisation pour Foster

Plaidoyer

le 31 août 2007

Quelques heures avant l’exécution de Kenneth Foster, programmée le 30 août à 18 heures, le gouverneur du Texas Rick Perry annonce la nouvelle à laquelle on n’ose croire : le condamné voit sa peine commuée en prison à vie. Pour une fois, la Commission des grâces de l’état a recommandé d’épargner une vie, et le gouverneur a suivi.
Il faut dire que la condamnation à mort de Kenneth Foster a donné lieu à une mobilisation sans précédent. Pendant les 48 heures précédant le moment prévu pour l’exécution, les associations abolitionnistes texanes ont enchaîné les manifestations de manière quasi-initerrompue, du centre de détention de Linvingston au lieu d’exécution de Huntsville en passant par le bureau du gouverneur à Austin.
Selon les militants présents sur place, l’administration pénitentiaire a du transférer Kenneth Foster de Livingston à Huntsville 24 heures plus tôt que prévu devant l’ampleur de la mobilisation, y compris à l’intérieur de la prison.
A l’étranger, la ville de Rome prévoyait d’illuminer le Colisée pour afficher son soutien au condamné, tandis que les abolitionnistes français se rassemblaient devant l’ambassade des Etats-Unis.

"Internet nous a beaucoup aidés"

A Paris, Fatou, l’une des quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années qui ont mené le combat au sein de l’association Lutte pour la justice. « Dès que la décision a été connue en mai, nous nous sommes levées pour bosser dessus », se souvient-elle.
Les animatrices du comité de soutien, qui correspondent avec Kenneth Foster, se répartissent le travail : contacts avec la presse, les hommes politiques… Elles expédient à tour de bras courriers, fax et e-mails. Pendant longtemps, leurs appels restent vains. Seul un journaliste du quotidien Le Monde va rendre visite au condamné.
« Internet nous a beaucoup aidés, explique Fatou. J’ai vu que certains sites parlaient de Kenneth, et l’un d’entre eux m’a permis d’entrer en contact avec l’écrivain Claude Ribes. » Ce dernier a notamment adressé une lettre ouverte au président français Nicolas Sarkozy sur l’affaire.
Mais le travail se révèle payant à l’approche de l’exécution.
« Mais la plupart se sont réveillés ces derniers jours », regrette Fatou. Jack Lang, l’un des hommes politiques de gauche les plus populaires en France, publie une tribune dans la presse mercredi.
La directrice de cabinet de RamaYade, secrétaire d’Etat UMP aux droits de l’Homme, reçoit les militants le jour prévu pour l’exécution… mais les déçoit en refusant de s’engager publiquement pour le condamné.
Oubliant ces frustrations, Fatou s’est vite concentrée sur l’essentiel : écrire à Kenneth Foster, dont elle attend des nouvelles très rapidement.

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