Le Gabon adhère discrètement au camp abolitionniste

Bonnes nouvelles

le 4 mars 2011

Une nouvelle imprévue est venue d’Afrique de l’ouest fin février lorsque le Gabon a annoncé l’abolition légale de la peine de mort dans le pays.
L’action semble résulter d’un effort soutenu des organisations Communauté de Sant’Egidio et Ne touchez pas à Caïn, membres de la Coalition mondiale, en coopération avec le président Ali Bongo Ondimba et le gouvernement gabonais. Elle a été confirmée par un vote parlementaire le 15 février 2010.
Cette nouvelle loi fait du Gabon le 16e pays d’Afrique et le 96e pays du monde à abolir la peine de mort. Ne touchez pas à Caïn a officiellement annoncé l’abolition de la peine de mort dans le pays le 14 février 2011 (photo : la parlementaire italienne Elisabetta Zamparutti, membre de Ne touchez pas à Caïn, et le ministre gabonais des affaires étrangères Paul Toungui).
L’organisation venait de  recevoir une lettre de confirmation du gouvernement gabonais un an après l’adoption de la loi.

« La peine de mort et désormais remplacée par la prison à perpétuité »

Le texte, publié parmi un groupe de plusieurs autres lois, stipule que « la peine de mort est remplacée par la réclusion criminelle à perpétuité… le condamné ne peut bénéficier d’une mesure de grâce ou de libération conditionnelle avant d’avoir accompli trente ans d’emprisonnement au moins. »
Le même texte remplace aussi les travaux forcés prévus au code pénal militaire par une peine d’emprisonnement.
Les circonstances qui ont entouré le retard de l’annonce suscitent les interrogations. Le Gabon était l’un des pays signataires de la résolution des Nations unies pour le moratoire sur la peine de mort en 2007. Le pays était considéré comme abolitionniste en pratique depuis longtemps. Mais la raison de l’année de silence sur la loi restera sans doute un mystère.

Une nouvelle opportunité de progrès en Afrique

Suite à l’annonce, Sergio D’Elia, secrétaire de Hands Off Cain, a remarqué que « le nouveau président Ali Bongo Ondimba a tenu parole. L’abolition en Gabon confirme que l’Afrique fait beaucoup de progrès en ce qui concerne les droits de l’homme ».
Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme, membre de la Coalition mondiale, voit dans l’annonce une opportunité de nouveaux progrès en Afrique : « Nous appelons le Mali et le Bénin, qui ont exprimé des intentions abolitionnistes, à franchir le pas rapidement et rejoindre le camp, toujours plus nombreux des pays qui reconnaissent que la peine capitale est inutile et contraire à nos valeurs », a-t-elle déclaré.

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