Militants et diplomates s’insurgent contre les exécutions politiques en Iran

MENA

le 1 février 2010

La pendaison le 28 janvier 2010 de Arash Rahmanipour (ci-contre) et Mohammad Reza Ali-Zamani (ci-dessous), deux des 11 personnes officiellement condamnées à mort pour leurs liens avec le « Mouvement vert » d’opposition, a déclenché un tonnerre de protestations.
Les chancelleries occidentales, déjà à couteaux tirés avec Téhéran au sujet de son programme nucléaire et de la multiplication des violations des droits de l’Homme envers les opposants qui manifestent depuis les élections contestées de juin 2009, ont condamné les exécutions. Parmi les déclarations les plus remarquées :
•    Bill Burton, porte-parole de la Maison-Blanche, a affirmé que ces exécutions représentaient un nouveau pic dans la répression iranienne à l’encontre d’opposants pacifiques et qu’elles isoleraient encore plus Téhéran.
•     « L’Union européenne condamne fermement ces deux exécutions et exprime sa profonde inquiétude s’agissant des condamnations à la peine de mort de personnes jugées dans le cadre de ces procès collectifs », a déclaré Catherine Ashton, haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère.
•    Le ministre des affaires britannique, David Miliband, a quant à lui affirmé : « Les procès et ces exécutions qui les suivent mettent en doute l’attachement que l’Iran prétend porter à la justice, aux droits de l’Homme et aux valeurs démocratiques. »

« Le système judiciaire comme instrument de répression »

Les membres de la Coalition mondiale ont eux aussi vivement critiqué la pendaison d’Ali-Zamani et de Rahmanipour.
•    « Nous condamnons fermement ces exécutions et nous demandons à la communauté internationale d’en faire de même. Si la communauté internationale ne réagit pas fortement et maintenant, beaucoup de ceux qui ont été arrêtés en rapport avec ces manifestations, seront bientôt exécutés », a déclaré Mahmood Amiry-Moghaddam, porte-parole d’Iran Human Rights.
•    « Ces exécutions illustrent la manière dont les autorités se servent du système judiciaire comme d’un instrument de répression. Elles adressent un avertissement à ceux qui souhaiteraient exercer leur droit de manifester pacifiquement contre le gouvernement, afin de les dissuader de descendre dans la rue », a constaté Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.
•    Dans un communiqué, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son membre iranien LDDHI ont écrit : « La FIDH et LDDHI condamnent fermement l’exécution de Reza Ali-Zamani et Arash Rahmanipour et expriment leur profonde inquiétude quant au sort des neuf autres militants condamnés à mort pour des chefs d’accusation similaires. »
Ali-Zamani et Rahmanipour ont été reconnus coupables de multiples crimes, notamment d’appartenance à une organisation monarchique et de « belligérence avec Dieu ». Selon l’un de leurs avocats, leurs aveux ont été obtenus sous la contrainte et leurs proches n’ont pas été prévenus de leur pendaison.
Des défenseurs des droits de l’Homme situés en Iran rapportent qu’une manifestation a eu lieu devant la prison d’Evin pour protester contre les exécutions politiques.
Dans le même temps s’ouvrait un nouveau procès collectif concernant une deuxième vague de manifestants. Il pourrait lui aussi se conclure par des condamnations à mort.

Lire l’analyse du chercheur Nader Vahabi sur l’utilisation politique de la peine de mort en Iran sur le site d’ECPM

Plus d'articles