11e Journée mondiale contre la peine de mort : Caraïbes
Journée mondiale
Le 10 Octobre 2013, la 11e Journée mondiale contre la peine de mort est dédiée aux Caraïbes où peu d’exécutions ont lieu mais un noyau de pays restent fermement opposés à l’abolition.
Le bassin des Caraïbes est composé de 25 pays :
– 10 pays sont abolitionnistes en droit : la Colombie, le Costa Rica, Le Salvador (pour les crimes de droit commun), Haïti, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, Panama, la République Dominicaine et le Venezuela.
– 2 pays sont considérés comme abolitionnistes en pratique : la Grenade et le Suriname.
– 13 pays sont rétentionnistes : Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, Belize, Cuba, la Dominique, le Guatemala, le Guyana, la Jamaïque, Saint Kitts & Nevis, Saint Vincent et Grenadine, Sainte Lucie et Trinité-et-Tobago.
Le paradoxe des Caraïbes rétentionnistes : peu d’exécutions mais un noyau de pays fermement opposés à l’abolition
Nombreux sont les pays de la région qui maintiennent la peine de mort dans leur législation et dans leur Code pénal. Le recours à la peine capitale a cependant considérablement diminué dans ces pays rétentionnistes, soulignant les divergences apparentes entre la politique et la pratique.
La dernière exécution dans les Caraïbes a eu lieu en 2008 à Saint-Kitts-et-Nevis ; il n’y en avait pas eu depuis 2003. Seuls trois États ont condamné des personnes à mort en 2012 (la Barbade, le Guyana et Trinité-et-Tobago).
Cependant, au niveau international, le vote des pays des Caraïbes contre les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies pour un moratoire sur l’application de la peine de mort représentent plus du quart des voix opposées au moratoire universel. La plupart des Etats rétentionnistes des Caraïbes ont voté contre ces résolutions et ont signé les Note Verbale de dissociation dénonçant ces résolutions.
Des réponses différentes à un taux élevé d’homicides
L’Amérique latine et les Caraïbes représentent 8,5% de la population mondiale et pourtant la région concentre 27% des homicides commis à travers le monde selon un rapport de 2012 du Programme des Nations unies pour le développement. A ce jour, aucune étude scientifique n’a pu démontrer que le taux de criminalité est lié à l’application de la peine de mort. Le Costa Rica, abolitionniste depuis plus d’un siècle, a un taux d’homicide faible, proche de celui d’Antigua et Barbuda, pays rétentionniste. A l’inverse, le Honduras, Etat abolitionniste en droit depuis 1956 a un taux de criminalité plus élevé que la Jamaïque rétentionniste.
La peine de mort est souvent une réaction populiste désespérée face à une recrudescence des crimes violents, mais elle ne résout pas les causes profondes de la criminalité. Certains gouvernements ont de plus en plus pris conscience qu’il était désormais urgent d’agir en priorité sur la prévention et non sur la sanction. Il existe des moyens de lutter contre la criminalité, comme l’augmentation des investissements en faveur de l’éducation, du développement de la jeunesse, de la création d’emplois ou la réduction de la pauvreté et des inégalités socio-économiques.
A l’occasion de la Journée mondiale, la Coalition mondiale contre la peine de mort demande :
– à la Trinité-et-Tobago et la Barbade d’abolir définitivement l’imposition automatique de la peine de mort pour tous les crimes ;
– au Guyana d’abolir la peine de mort pour tous les crimes ;
– au Guatemala d’abolir la peine de mort dans sa législation pour tous les crimes.

