Plaidoyer de la Coalition mondiale à la Commission de la condition de la femme : faire progresser la justice pour les femmes affectées par la peine de mort

Plaidoyer

Publié par La Coalition mondiale contre la peine de mort, le 23 avril 2026

Une délégation de la Coalition mondiale contre la peine de mort a participé à la session annuelle de la CSW afin de mettre en lumière les réalités souvent ignorées des femmes en contact avec le système pénal, y compris celles exposées à la peine de mort.

Elle rassemblait plusieurs organisations membres, dont The Advocates for Human Rights, l’Anti-Death Penalty Asia Network, Penal Reform International et Witness to Innocence, aux côtés d’autres partenaires présents.

Dans le cadre du thème prioritaire — « Garantir et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles » —, la Coalition a échangé avec États, société civile et partenaires internationaux pour promouvoir une approche plus inclusive de l’accès à la justice, en soulignant les discriminations systémiques qui touchent les femmes accusées, détenues ou condamnées, encore largement absentes des discussions multilatérales.

Accès à la justice refusé aux femmes concernées par la peine de mort

En marge de la session de la CSW, la Coalition mondiale a coorganisé trois événements parallèles consacrés à la criminalisation des femmes, dont un sponsorisé par le gouvernement Suisse, du Canada et du Mexique. Les discussions ont mis en lumière les facteurs structurels et les discriminations intersectionnelles qui façonnent leur parcours pénal, en particulier pour celles exposées à la peine de mort, tout en identifiant des pistes d’action concrètes : amélioration de l’accès à la justice, approches sensibles au genre et aux traumatismes, et réformes juridiques et sociales.

Les intervenantes des différentes tables rondes ont souligné que la criminalisation des femmes est souvent le résultat d’inégalités structurelles telles que le patriarcat, la pauvreté, la violence sexiste et la coercition, les « crimes de survie » touchant de manière disproportionnée les plus vulnérables. Elles ont également insisté sur le fait que les systèmes judiciaires continuent de recourir à des pratiques et des procédures inéquitables et restent largement patriarcaux, aveugles aux questions de genre et exclusifs. Pour relever ces défis, il faut donc non seulement une réforme juridique, mais aussi un changement social et structurel plus large, fondé sur des approches intersectionnelles, un investissement accru dans la prestation de services aux communautés et la reconnaissance du fait que la criminalisation elle-même reflète et renforce les inégalités existantes.

Un pas en avant vers une reconnaissance mondiale

L’un des principaux résultats de la CSW de cette année a été l’inclusion, pour la première fois, de références aux femmes en conflit avec la loi — y compris celles confrontées à des peines irréversibles — dans les conclusions adoptées. Cela marque une étape importante dans la reconnaissance mondiale de ces questions et reflète les efforts de plaidoyer soutenus de la société civile.

Cette évolution témoigne d’une prise de conscience croissante du fait que l’accès à la justice ne peut être pleinement réalisé sans s’attaquer aux obstacles spécifiques auxquels sont confrontées les femmes criminalisées.

Malgré ces avancées, la Coalition mondiale poursuivra son plaidoyer pour des systèmes judiciaires sensibles au genre, la réforme des lois discriminatoires, un meilleur accès aux services essentiels et l’inclusion des femmes concernées dans les processus décisionnels.

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