Le Liban abolit la peine de mort
Bonnes nouvelles
La Coalition mondiale se réjouit de l’adoption, le 11 août 2026, par l’Assemblée nationale libanaise de la loi abolissant la peine de mort.
Ce projet de loi a été adopté après 22 ans de moratoire de facto sur les exécutions, période durant laquelle les membres de la Coalition mondiale et les organisations de la société civile libanaises ont œuvré sans relâche pour faire aboutir l’abolition. Il envoie un message d’espoir dans la région et dans le monde entier, ouvrant la voie à d’autres pays qui suivront cet exemple.
La Coalition mondiale félicite les organisations de la société civile au Liban et toutes celles et ceux qui les ont soutenues au fil des ans.
« Cette victoire est l’aboutissement d’une campagne civile et non violente lancée en 1997 par les pionniers de l’abolition au Liban, Ogarit Younan et Walid Slaybi », a déclaré l’Association libanaise des droits civils (LACR).
« Ce qui s’est passé le 11 août n’est pas un simple amendement : c’est l’engagement ferme de retirer à la loi et au pouvoir politique le droit de tuer. La peine de mort tue. Nous refusons d’être citoyens d’un État de potences ; nous voulons un État civilisé, qui protège la vie, agit sur les causes du crime, garantit les droits des victimes et réhabilite les auteurs. C’est le sens de notre combat, mené depuis des années pour ancrer cette culture dans la société — et aujourd’hui, la loi la consacre », a indiqué Ogarit Younan.
« Après tant d’années de travail, de mobilisation et de plaidoyer, nous pouvons enfin accueillir cette avancée majeure avec fierté et espoir », a précisé Lina Aya Chamoun, responsable du département juridique de l’AJEM (Association Justice et Miséricorde).
Chronologie de l’adoption du projet de loi :
- 7 octobre 2025 : dépôt au Parlement du projet de loi sur l’abolition de la peine de mort par Ogarit Younan au nom de la LACR, soutenu par 7 députés
- 20 novembre 2025 : le projet de loi est approuvé par le Conseil des ministres
- 23 février 2026 : le projet de loi est approuvé par la commission parlementaire des droits humains
- 2 juin 2026 : le projet de loi est approuvé par la commission parlementaire de l’administration et de la justice
- 30 juin 2026 : Adel Nassar, ministre de la Justice de la République libanaise, a pris la parole lors de la cérémonie d’ouverture du 9e Congrès mondial contre la peine de mort , et a exprimé son espoir que les travaux législatifs aboutissent.
- 9 juillet 2026 : adoption du projet de loi par les commissions parlementaires conjointes (Droits humains et Administration et Justice)
- 11 août 2026 : le projet de loi est approuvé par l’Assemblée générale du Parlement libanais
Préoccupations concernant l’alternative à la peine de mort et prochaines étapes
Cette nouvelle loi remplace la peine capitale par la réclusion à perpétuité avec travaux forcés. Bien que cette peine existe déjà dans la législation libanaise en vigueur, le Comité national des droits humains a souligné qu’elle restait incompatible avec les normes internationales en matière de droits humains.
Ogarit Younan a déclaré : « L’essentiel était de préserver le premier article de cette loi : l’abolition définitive de la peine de mort de tous les textes juridiques libanais. Les autres articles devront encore être précisés et révisés, car les travaux forcés et la perpétuité doivent eux aussi être abolis et remplacés par des alternatives humaines. Je regrette par ailleurs la confusion créée par « la loi d’amnistie », qui a brouillé le débat. »
La Coalition mondiale appelle en outre le Liban à :
- Ratifier le deuxième protocole facultatif se rapportant au PIDCP
- Réaffirmer son vote en faveur de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur le moratoire et de la coparrainer
- Commuer toutes les condamnations à mort
Pour plus d’informations :
Déclaration d’Amnesty International
Source Image: Pixnio (LCC)



