Trois jours d’apprentissage, de stratégie et d’échanges à Paris
Plaidoyer
Dans la foulée du 9e Congrès mondial contre la peine de mort qui s’est tenu à Paris, la Coalition mondiale contre la peine de mort (Coalition Mondiale) a réuni une trentaine d’organisations membres venues du monde entier.
Du 3 au 5 juillet, les membres se sont retrouvés au siège de la Coalition mondiale à Montreuil pour un atelier consacré aux bonnes pratiques, transformant ainsi l’élan du Congrès en trois jours d’échanges et d’apprentissage.
Pendant ces trois jours, les membres ont partagé leurs expériences, exploré de nouvelles approches et réfléchi à la manière de renforcer le plaidoyer abolitionniste dans différents contextes politiques, juridiques et sociaux. Le programme combinait des discussions stratégiques, des sessions pratiques et des échanges entre pairs, en mettant l’accent sur le partage d’enseignements pouvant être adaptés à différents contextes.
De la stratégie à la pratique
Le renforcement de la pérennité des organisations abolitionnistes a constitué l’un des axes prioritaires. Le Secrétariat de la Coalition mondiale a animé une session sur le financement de la lutte pour l’abolition, suivie d’une discussion sur l’évaluation externe de la phase I du Consortium mondial pour l’abolition de la peine de mort (FFPA).
Le programme a également exploré comment le plaidoyer abolitionniste peut devenir plus inclusif et mieux adapté aux différents contextes et expériences. Les discussions ont porté sur des approches de la peine de mort tenant compte des questions de genre et inclusives envers les personnes en situation de handicap, notamment à travers une présentation des travaux de recherche de PRI sur le handicap et la peine de mort en Ouganda. L’importance de dépasser une perspective centrée sur les pays du Nord a également été soulignée lors d’une session dédiée.
Les participant·es ont également abordé des défis urgents en matière de droits humains et de plaidoyer, notamment les implications juridiques et en matière de droits humains du projet de loi israélien sur la peine de mort visant les prisonniers palestiniens, discuté lors d’une session animée par SHAMS. Le programme comprenait également une discussion stratégique sur l’évaluation de l’impact du travail abolitionniste, au cours de laquelle TAHR a présenté des approches permettant de mesurer l’impact du plaidoyer
S’appuyer sur ce qui fonctionne
Au cours de l’atelier, une session intitulée « S’appuyer sur ce qui fonctionne » a donné aux membres l’occasion de partager des expériences concrètes, de réfléchir aux enseignements tirés et de travailler ensemble pour tirer parti des bonnes pratiques.
La session a abordé divers thèmes, notamment :
- la documentation et le plaidoyer fondé sur les données, avec CPR Japan, ALQST et ESHOR ;
- La création d’alliances et de réseaux, avec JPP, ASF Nigeria et Redemption Pakistan ;
- Le genre et l’atténuation inclusive des peines, avec CELSIR ;
- Le travail auprès des personnes directement concernées par la peine de mort, avec WTI, Journey of Hope et TAEDP ;
- Les campagnes abolitionnistes nationales sensibles au genre et le développement d’alliances avec des organisations de défense des droits des femmes, avec HBB Africa.
Au cours de la session et des discussions thématiques, les participant·es ont élaboré des fiches de bonnes pratiques sur ces sujets, qui seront bientôt disponibles sur le site web de la Coalition mondiale.
Tisser des liens
Au-delà des sessions officielles, une chasse au trésor à travers Paris a été l’occasion d’échanges informels et de cohésion d’équipe, invitant les participant·es à explorer l’histoire de la ville marquée par la contestation, la mémoire et la lutte pour l’abolition de la peine de mort en France.
Ces trois jours ont permis de partager des expériences concrètes, de tisser des liens et de réfléchir collectivement à la manière dont le plaidoyer abolitionniste peut continuer à évoluer. Alors que la Coalition mondiale se tourne vers l’avenir, cet atelier a souligné l’importance d’apprendre les uns des autres et de veiller à ce que les approches en faveur de l’abolition s’appuient sur des perspectives et des expériences diverses provenant du monde entier.


